Exposants, prenez la parole
Agoras 2018

Prendre la parole

Fonction achat : ce que les GHT vont changer


Fonction achat : ce que les GHT vont changer

La mise en place des Groupements hospitaliers de territoire implique que la fonction achat soit portée par un établissement support désigné par les autres hôpitaux de chaque GHT, lesquels perdent du même coup leur autonomie en la matière. Quelles seront les conséquences de cette reconfiguration ? A quoi peut-on s’attendre ? Éléments de réponse.

La fonction achat à l’aune de la création des GHT tend vers un double objectif : concourir à une offre de soins toujours plus performante et accessible à tous mais aussi s’inscrire dans l’ensemble de la politique gouvernementale, qu’il s’agisse de favoriser l’emploi local et l’innovation ou encore, de donner leur chance aux PME de se développer en leur offrant des débouchés.

La mutualisation de la fonction achat doit d’abord s’accommoder d’un hiatus : le fait que, sur le plan juridique, le GHT ne possède pas de personnalité morale et n’est donc pas statutairement un acheteur public. Ce qui signifie concrètement que l’établissement support en charge de conduire la politique achat ne peut intervenir qu’en amont (en arrêtant une stratégie globale et les modalités contractuelles, en définissant les besoins du GHT, en instaurant des outils de suivi etc.) et préparer le terrain mais n’est en aucun cas le donneur d’ordres ni l’exécutant de ladite politique. Ce sont les établissements membres du GHT qui le sont chacun individuellement.

Business pour TPE et PME locales

Pour le reste, la mutualisation des achats ne devant entrer en vigueur qu’à compter du 1er janvier 2018, il est difficile de prédire si les établissements vont acheter différemment, plus ou moins et quoi. En revanche, le cadre d’opération est connu ainsi que les préalables à satisfaire. Tout d’abord, il convient de sérier les choses et de distinguer les achats mutualisables de ceux qui ne le sont pas mais aussi ceux qui sont communs à tous les hôpitaux pour éventuellement les confier à des centrales et réserver à chaque GHT ceux qui lui sont propres au regard de sa spécificité et de son implantation. Ce dernier point est une porte ouverte aux TPE et PME locales pour faire montre de leur savoir-faire et de la plus-value qu’elles sont susceptibles d’apporter.

Par ailleurs, Sébastien Taupiac, Directeur Santé au sein de l’Union des groupements d’achats publics (Ugap) prône « une approche en coût complet ». Il s’en explique : « Quand on a une approche exclusivement budgétaire de l’achat, on massifie pour diminuer le prix, quitte à recourir à des solutions standardisées et industrialisées. Or, le secteur de la santé, lui, est extrêmement complexe et se doit d’avoir recours, dans un certain nombre de cas, aux dernières technologies, à l’innovation ou encore, au paiement à l’usage. Dès lors, si l’on n’intègre pas suffisamment les spécificités de chaque hôpital du GHT et les impacts en coût complet (formation des utilisateurs, utilisation de consommables, surcoût logistiques, maintenance…), les économies pourraient n’être que de très court terme. » On l’aura compris, les GHT invite à voir large et loin.

 


 

Les acheteurs au soutien

« Nous ne sommes pas qu’un catalogue », martèle Sébastien Taupiac, Directeur Santé au sein de l’Ugap. En effet, face à la révolution que constitue la création des GHT pour la fonction achats, les établissements ont besoin d’être épaulés. Comme d’autres, les Réseau des acheteurs hospitaliers (Resah) entend bien être proactif et contribuer à la mutation en cours. Lors de son assemblée générale, le 8 décembre dernier, son Président, Dominique Legouge, a confirmé que l’objectif est bel et bien « l’accompagnement des équipes » et ce, via une « mise en commun qui devra être collaboratives, d’une grande capacité », « l’établissement support devant amener les établissements parties à être partenaires ».

L’idée-maîtresse est la territorialisation. A cette fin, le Resah souhaite « proposer aux établissements un ensemble très large de solutions de nature à̀ les aider à construire une organisation achat commune de territoire performante ».

Une évolution dans la manière d’envisager les relations avec les établissements que les uns et les autres auront l’opportunité de développer lors de la Paris Healthcare Week 2018.

 

Orientation non prise en charge

Pour une meilleure expérience,
veuillez tourner votre appareil en mode portrait.