Save the date pour la prochaine Paris Healthcare Week : 21 au 23 mai 2019

Un événement

Animation en Ehpad : quoi de neuf ?


Plus que des solutions-miracles inédites, l’évolution récente de l’animation en Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) passe avant tout par une vision claire de leur finalité. Ce qui ne l’empêche pas de s’appuyer aussi sur le progrès technologique.

Animations médicalisées vs animations ludiques ?

Il serait tentant, à l’heure où les Ehpad accueillent des résidents de plus en plus dépendants, d’opposer l’essor des animations médicalisées aux animations purement ludiques. « Il y a une aspiration toujours plus forte à sous-entendre que, dans notre secteur, l’animation est avant tout thérapeutique et n’a vocation à être développée que dans ce sens-là, observe David Séguéla, Président du Groupement national des animateurs en gérontologie (Gag). Or, le constat, sur le terrain, démontre que la vie sociale n’a jamais été aussi importante qu’aujourd’hui dans les établissements. Il n’y a donc pas une activité qui serait meilleure que les autres. On est, au contraire, dans une logique de coopération. »

L’ère du temps ne doit donc pas conduire à privilégier les unes au détriment des autres, insiste David Séguéla : « Avec la dépendance de plus en plus importance du public, on est enclins à se dire que notre cœur de métier est de se connecter sur la gériatrie, c’est-à-dire sur le volet médical, alors qu’il faut se focaliser sur la dimension gérontologique, autrement dit, sur l’ensemble de la discipline relative au vieillissement, dont la gérontologie sociale. Avec un but : que les Ehpad restent des lieux de vie. »

Dans les établissements, toutefois, les projets d’animation déployés sont fortement influencés par les spécificités et les compétences des équipes mais aussi par la sensibilité de leur directeur, selon qu’il a davantage une culture du soin où qu’il est plus imprégné par la dimension sociale.

 

Des savoir-faire renforcés par la nouvelle technologie

« Il n’y a pas vraiment de tendances nouvelles d’animation car la plupart de ce qui se fait aujourd’hui existe depuis très longtemps, assure David Séguéla. C’est notamment le cas de ce qui a trait à l’intergénérationnel et qui est expérimenté dans les établissements depuis plus de vingt-cinq ans par les animateurs. Simplement, les professionnels sont montés en compétences dans ce domaine et savent faire coopérer les publics. »

La nouveauté n’est donc pas dans les méthodes déployées mais dans la diffusion des savoir-faire et des nouvelles technologies : « On est dans le nouveau qui dure. Il n’y a pas d’innovation à proprement parler mais plutôt une modernisation des outils. Ils permettent d’aller plus loin et de mutualiser des contenus. » Exemple : l’apparition des bornes musicales qui offrent un accès différent à la musique.

L’animation en Ehpad épouse l’évolution de la société. C’est le cas des nouvelles technologies qui favorisent les contacts à distance avec la famille. « En effet, prévient David Séguéla, il faut également entendre l’animation dans une optique de vie sociale. Or, il est tout à fait possible de créer des dynamiques autour de nouveaux outils de communication, en particulier en développant, chez les résidents, des compétences en matière d’accès à l’informatique, ce qui crée du lien social. »

 

Jouer le territoire contre l’isolement

Miser sur les coopérations avec les territoires est une autre piste aujourd’hui explorée par les équipes pour optimiser les projets d’animation. « Avec la logique de dépendance, explique David Séguéla, les personnes sont de plus en plus enfermées dans des lieux, si bien que leur environnement social se limite ». La solution ? « Faire de l’Ehpad un acteur du vieillissement et un lieu de vie connecté avec le territoire et non pas le bout de la chaîne d’une société qui ne voudrait pas regarder la vieillesse en face. » Dans cette optique, les activités mises en place sont destinées à être pratiquées par tout un chacun, au-delà des seuls résidents de l’établissement.

Ainsi, au lieu de concentrer les manifestations culturelles dans des salles de spectacle inaccessibles aux personnes âgée, des établissements organisent, en partenariat avec les communes, des évènements au sein de l’Ehpad, lesquels réunissent les résidents, leurs proches et des gens de l’extérieur. Avec, à la clef, un triple bénéfice : proposer des spectacles que les Ehpad n’auraient pas pu financer ; consolider les liens familiaux ; enfin, attirer des personnes qui n’auraient jamais mis les pieds dans un établissement et initier des mécanismes de solidarité.

 

Toute une palette d’activité à disposition

Au final, démarches sociale, ludique et soins se renforcent mutuellement. On constate en effet que la présence d’un psychomotricien et d’un ergothérapeute lors de séances d’animation s’avère extrêmement profitable dans la mesure où elle est l’occasion d’associer les deux démarches. Une complémentarité qui peut s’appuyer sur tout un ensemble de solutions telles que les jardins thérapeutiques axés sur les parcours de santé et la dimension sensorielle, les contes à vocation thérapeutique ou encore, les séances dédiées au bien-être et dérivées de la méthode Snoezelen. Un éventail dont il sera possible de prendre la mesure lors de la Paris Healthcare Week et, plus particulièrement, sur le salon GerontHandicapExpo.

 

Animé mais avec quels moyens ?

S’interroger sur les nouvelles tendances de l’animation invite forcément à se poser la question de leur financement, lequel conditionne aussi la possibilité de se montrer novateur ou pas. Or, l’animation est aujourd’hui affectée au volet hébergement du tarif des Ehpad, lequel est lui-même acquitté, pour l’essentiel, par les résidents et leur famille. Le Groupement national des animateurs en gérontologie (Gag) plaide pour qu’elle soit en partie prise en charge dans le cadre du volet dépendance, abondé par les Conseils départementaux. Une telle ventilation permettrait d’octroyer davantage de moyens et donc de concevoir des animations plus élaborées et plus nombreuses dans le cadre du projet de vie proposé à chaque résident. Et ce, pour une raison simple : il est plus facile de solliciter les collectivités locales que les personnes âgées qui ont déjà à payer un reste à charge élevé.

 

Orientation non prise en charge

Pour une meilleure expérience,
veuillez tourner votre appareil en mode portrait.