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Mai

2019

Paris Expo
Porte de Versailles
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Développement durable : les hôpitaux à l’énergie


La dimension énergétique est l’un des aspects essentiels du développement durable à l’hôpital. Des hôpitaux qui, par nature, sont extrêmement énergivores en raison de la présence de plateaux techniques et d’une ouverture vingt-quatre heures sur vingt-quatre. D’où l’utilité de concevoir des stratégies de réduction de la consommation énergétique afin de la maîtriser sur la durée et non pas seulement sporadiquement. Même si les moyens manquent.

Dura lex sed lex

Nul n’est censé ignoré la loi et celle-ci est dure. En effet, Accords de Grenelle 1 et 2 (2012) mais aussi Conférence de Paris sur les changements climatiques (2015) obligent : les hôpitaux vont devoir, à l’instar de l’ensemble de la société française, réduire leur consommation d’énergies fossiles pour faire baisser les émissions de gaz à effet de serre. Et pas qu’à la marge puisque la France est sommée de faire en sorte de voir lesdites émissions chuter de 20 % d’ici 2020 et de 40 % d’ici 2030.

Pour ce faire, elle est en train, comme tous les pays signataires de l’Accord de Paris, de se doter d’une fiscalité écologique contraignante. Laquelle stipulera, à partir de 2020, que les structures qui ne s’acquitteront pas de leurs obligations dans les proportions et les délais indiqués devront payer une taxe carbone.

Un état des lieux nécessaire

A noter que depuis 2009, les hôpitaux publics qui comptent plus de 250 salariés ainsi que les structures privées (cliniques et Ehpad) qui en accueillent plus de 500 sont tenus d’effectuer, tous les quatre ans, un bilan d’émission de gaz à effet de serre qui mesure la quantité de gaz générés par la consommation d’énergies fossiles.

Une méthodologie de toute façon indispensable. En effet, insiste Olivier Toma, Fondateur de Primun no nocere, cabinet d’accompagnement RSE développement durable et santé, « la première étape sans laquelle rien n’est possible pour un hôpital désireux de réduire sa facture est de faire un diagnostic énergétique complet, lequel prend en compte une grande quantité de paramètres : la taille des murs, le volume des pièces, les modalités de chauffage, la répartition de la consommation énergétique etc. » Ce n’est que sur cette base qu’il est, dans un second temps, possible d’arrêter un plan d’action sur mesure et spécifique.

Consommation directe et indirecte

De telles échéances commandent de distinguer la consommation directe d’énergies – par exemple, de carburant, de gaz etc. – de la consommation indirecte, laquelle est plus insidieuse puisqu’elle a trait au transport de marchandises, de nourriture, de déchets ou encore, de services comme le traitement du linge.

Désormais, il est donc obligatoire, pour les hôpitaux, de connaître la consommation énergétique liée à chaque prestation et de promouvoir une politique d’achats comportant des clauses relatives à la minoration de cette consommation. De leur côté, les fournisseurs et les sous-traitants sont invités à s’engager à la minimiser pour aider les établissements à atteindre les objectifs qui leur sont assignés. A eux de se montrer innovants, par exemple dans des domaines cruciaux tels que le fret ou le transport des patients ou des collaborateurs. Dans cette optique, des sociétés d’ambulanciers proposent notamment du covoiturage de patients dialysés ou en chimiothérapie, parfois même à bord de véhicules hybrides, quitte à ce que les hôpitaux installent en leur sein des prises électriques de rechargement.

Avec quel argent ?

Le problème, c’est qu’en ce qui concerne les hôpitaux, il n’y a pas de gestion à long terme des budgets. Le secteur ne connaît pas vraiment ceux dont il disposera pour les prochaines années. « Il navigue donc à vue économiquement dans la mesure où il n’a pas de vision de l’évolution de ses coûts et de ses recettes, résume Olivier Toma. Le coût de la rénovation énergétique du secteur hospitalier est extrêmement élevé et… n’est pas financé. D’où la nécessité de budgets pluriannuels et de réserver des sommes affectées à cet objectif. Or, si l’on n’investit pas massivement dans l’isolation, le changement de la façon de fabriquer le chaud et le froid…, on n’arrivera pas à réduire l’empreinte carbone et énergétique du secteur hospitalier. » C’est un peu la quadrature du cercle. Certains demandent au Gouvernement la création d’un fond dédié… Sachant que l’investissement destiné à restreindre sensiblement la consommation énergétique est synonyme de rentabilité à long terme.

Sans compter la vocation d’exemplarité du secteur de la santé car la réduction des émissions de gaz à effet de serre a un impact sanitaire reconnu. En somme, il en va de la Responsabilité sociale des entreprises (RSE) des établissements. Lesquels « ont, dans l’ensemble, conscience des enjeux environnementaux et s’efforcent de faire ce qu’ils peuvent avec les moyens qu’ils ont », assure Olivier Toma.

Ingéniosité et bonnes idées

La tâche des hôpitaux en la matière n’est donc pas aisée. La créativité et les bonnes idées sont les bienvenues. Ainsi des établissements réfléchissent à la possibilité de créer des plates-formes de livraison en périphérie des agglomérations pour que les camions ne circulent pas à l’intérieur des villes. Dans une telle configuration, une navette effectuerait une fois par jour le trajet entre l’hôpital et la plate-forme, ce qui diviserait par dix les émissions de gaz.

D’autres ont déjà négocié des prêts bancaires et obtenu des subventions afin d’isoler leurs murs par l’extérieur, de changer les menuiseries, d’acquérir des panneaux solaires photovoltaïques destinés à la production d’eau chaude, de remplacer les ampoules à incandescence par des ampoules LED…

« A ce jour, les choses se font de manière ponctuelle et non pas globale », déplore Olivier Toma. Pour y arriver, deux pistes complémentaires sont à privilégier. Tout d’abord, l’installation de technologies très élaborées à base de capteurs, d’intelligence artificielle etc. afin de réguler la production de chaud et de froid selon les besoins et d’en finir avec le système binaire – allumé ou éteint – actuellement en vigueur. Par ailleurs, former et sensibiliser les différents acteurs. En clair, faire œuvre de pédagogie. D’autant que les solutions existent. Les visiteurs de la prochaine Paris Healthcare Week, qui se tiendra du 21 au 23 mai 2019, en auront d’ailleurs un large aperçu.

 

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