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Mai

2020

Paris Expo
Porte de Versailles
Hall 1

3 jours dédiés aux acteurs de la Santé

« Le champ de l’éthique ne se limite pas à l’éthique clinique »


L’éthique comme outil de décision et d’accompagnement des malades et des soignants ? Le professeur Régis Aubry, Président de l’Observatoire national de la Fin de Vie, membre du Comité consultatif national d’éthique (CCNE) et président de l’Espace éthique de la FHF, plaide pour une éthique qui ne soit pas cantonnée aux seuls champs de la clinique.

Pourquoi est-il indispensable de parler d’éthique aujourd’hui à l’hôpital ?

Pr Régis Aubry : Parler d’éthique est encore plus nécessaire qu’auparavant. Paradoxalement, ce besoin est lié au niveau de performance atteint par l’hôpital. Certes, cette performance permet à toute une partie de la population de mieux vieillir, d’être en bonne santé plus longtemps. Mais cette performance génère aussi plus de formes de vie complexes, sources de souffrance.

Des personnes peuvent aujourd’hui vivre longtemps avec plusieurs pathologies synchrones, avec une altération de leur indépendance et/ou de leur psychisme. Le progrès permet ainsi de guérir, mais aussi de survivre plus longtemps avec des maladies dont on ne guérit pas. Ce qui peut conduire à vivre mal, voire très mal, pendant de très longues années.

Cette situation fait partie des nouvelles raisons de s’intéresser à l’éthique en santé, car on ne peut que constater que le système de santé, tel qu’il est organisé, n’accompagne pas ce qu’il a lui-même généré : il me paraît nécessaire de penser ou de repenser notre façon de faire afin d’accompagner les effets des progrès médicaux et techniques. Parfois, nous pouvons avoir l’impression que le système de santé n’est pas fait pour les malades, mais plutôt pour les gestionnaires et les techniciens.

Vers quel objectif doit être orienté le système ?

Pr R.A. : Le soubassement éthique du système de santé doit être l’amélioration de la santé, et non pas uniquement la lutte contre la maladie. Cela renvoie à la nécessité de l’éthique des politiques de santé. L’espace éthique de la FHF travaille sur ce sujet. Cela permet à la Fédération de s’interroger sur le fait de savoir si ce qu’elle fait, ce qu’elle coordonne, contribue ou non à améliorer la santé des Français. Nous allons ainsi publier dans à peu près six mois un avis sur la notion de performance.

La réflexion éthique porte-t-elle aussi sur les personnels de l’hôpital ?

Pr R.A. : Oui, bien entendu. Le système de santé de santé a un objet principal : l’homme souffrant. Et il a un outil principal : l’homme soignant… un peu oublié quand on parle du système de santé qui, sans faire de procès d’intention, génère de la souffrance. Là aussi, nous devons penser l’accompagnement des soignants et de la souffrance générée dans un certain nombre de situations. Nous devons travailler sur les causes d’insatisfaction. L’enjeu se situe beaucoup du côté de la formation.

Comment peut-on faire de l’éthique au quotidien ?

Pr R.A. : Cette question revient à se demander comment identifions-nous une question éthique. Il s’agit toujours d’un questionnement sur les limites. Limite de la vie, du sens, de l’action…

Cela impose que l’on identifie clairement ce qui fait problème. Les soignants ont donc à apprendre à l’identifier, mais aussi à construire une argumentation pour déclencher un débat de nature éthique qui doit permettre d’élaborer la moins mauvaise réponse à une situation. L’outil le plus performant pour cela est le débat en équipe interdisciplinaire, sans hiérarchie. Tout le monde, de l’aide-soignante au chef de service, doit pouvoir s’exprimer, et les regards des uns et des autres sur la situation sont tous précieux. Enfin, et surtout, il est essentiel de comprendre que la parole du patient est centrale et que c’est à partir d’elle qu’il est possible de construire une réponse éthique.

Quels sont, à votre sens, les champs de la santé sur lesquels il est important de développer aujourd’hui une réflexion éthique ?

Pr R.A. : Le champ de l’éthique ne se limite pas à l’éthique clinique, et encore moins uniquement à la fin de vie.  C’est en effet important, mais cela a un peu occulté d’autres champs comme les questions du soin au quotidien ou, sur des questions plus prospectives, de l’intelligence artificielle. L’éthique concerne tout le champ des progrès techniques et scientifiques. Et l’éthique en santé est toujours liée au respect de la personne vulnérabilisée par la maladie.

Plus généralement, il nous faut avoir une réflexion éthique appliquée à l’ensemble du système de santé. C’est pour cela que nous organisons dans le cadre d’HopitalExpo une première conférence structurée autour d’un dialogue entre un professeur de l’École des hautes études en santé publique (EHESP) et moi-même. Il est important que les futurs directeurs d’hôpitaux se saisissent aussi de ces questions d’éthique.

Venez assister à des conférences  et débats organisés autour des thématiques éthiques lors du prochain Salon International Santé et Innovation de la Fédération hospitalière de France rassemblant HopitalExpo, GerontHandicapExpo et Salon HIT (Paris Healthcare Week) qui se tiendra du 21 au 23 mai 2019.

 

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